Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 14:39

Les bibliothèques de Saint-Brieuc proposent régulièrement des  rendez-vous avec des auteurs. Retour sur la rencontre avec Michel Pastoureau, le 23 mai 2014, autour de Vert : Histoire d'une couleur (Seuil, 2013).

 

Michel Pastoureau est un historien médiéviste, spécialiste de la symbolique des couleurs, des emblèmes et de l'héraldique. Pour lui, « les problèmes de la couleur sont d’abord des problèmes de société » : ses définitions, sens, codes, valeurs... changent en fonction des cultures et c'est pourquoi il limite son travail à l'Europe Occidentale, qu'il connaît le mieux.

 

Après s'être notamment intéressé à la couleur préférée des pays occidentaux (50% de la population) dans Bleu : Histoire d'une couleur (2002), aux messages véhiculés avec Le Petit Livre des couleurs (2005), à la particularité du Noir : Histoire d'une couleur (2008), à son passé avec Les Couleurs de nos souvenirs (2010), il évoque maintenant sa couleur préférée : le vert.

 

 

Le vert est une couleur ambivalente, liée au changement. À la fois symbole de vie, de sève, de chance et d'espérance mais il est aussi associé au poison, au malheur, au diable et à ses créatures. Un Européen sur six a le vert comme couleur préférée et un Européen sur six le déteste ! Au cours de l'Histoire, il est mal aimé, apprécié, délaissé, recherché... c'est cyclique et « on est dans une période haute avec l’environnement et l’écologie. » Aujourd'hui, le vert serait confisqué par les idéologies (comme le rouge avec le communisme) et « on lui confie la mission de sauver la planète. »


Une couleur incertaine : des origines à l'an mille

 

Le vert est longtemps absent des teintures et des écrits, à tel point que certains se sont demandés si les Grecs voyaient le vert ! Il y a très peu de mots pour le bleu et le vert mais il n'y a « pas de rapport direct entre la perception et la nomination des couleurs. » Pour les Romains, c'est une couleur barbare, sombre, et Néron faisait scandale en la valorisant. Il est absent de la Bible, comme la majorité des couleurs, et c'est l'Islam qui le mettra à l'honneur : couleur préférée du prophète Mahomet, il devient couleur sacrée.

 

Une couleur courtoise : XIe-XIVe siècle

 

Le vert se développe dans les sociétés aristocratiques grâce aux teinturiers qui mélangent le jaune et le bleu, « technique barbare ». Il devient le symbole de la jeunesse, de l'espérance, de l'amour jeune et turbulent. Tristan serait le parfait exemple du « héros vert. » Le tilleul, arbre préféré de l'époque, avait « toutes les vertus » et le perroquet était alors un cadeau fréquent à sa dame.

 

Une couleur dangereuse : XIVe-XVIe siècle

 

Le vert « devient l'une des couleurs du diable et de ses démons verdâtres : farfadets, lutins, grenouilles... les ancêtres de nos êtres verts. » C'est la couleur de l'étrangeté et on l'assimile à « cruel, traître, animé de mauvaises intentions. » Le vert devient verdâtre et les mélanges impossibles avec la mise en place du droit des teinturiers : ceux qui s'occupent du rouge ont aussi en charge le jaune et le blanc, les teinturiers du bleu possèdent les cuves de vert et de noir.


Une couleur secondaire : XVIe-XIXe siècle

 

Avec la Réforme protestante, les couleurs voyantes (rouge, jaune, vert) deviennent horribles et déshonnêtes. Sur les vêtements, c'est signe de péché et il est indécent de se faire remarquer avec du vert. La palette des peintres se rétrécit : il faut alors fuir ces couleurs voyantes et « les mélanges sont indignes d'un grand artiste. Hors la malachite coûte cher et les verts artificiels sont dangereux. » C'est l'origine de nombreuses coutumes et superstitions, par exemple le vert est tabou au théâtre car il porterait malheur au spectacle et aux acteurs, cela viendrait des accidents issus des vêtements peints en vert-de-gris ! Le vert est également interdit sur la coque des bateaux par une ordonnance de Colbert ! C'est aussi la couleur des sorcières... Il faudra attendre le mouvement romantique et le développement de l'indigo pour que le vert soit de nouveau apprécié. Durant cette période, le bleu prend progressivement la place du vert pour représenter l'eau qui était pensée et perçue verte depuis des millénaires.


Une couleur apaisante : XIXe-XXIe siècle

 

L'invention du tube de peinture s'accompagne d'un essor de la peinture de paysage. Le vert redevient à la mode même s'il ne fait pas l'unanimité (Kandinsky, le Bauhaus et les savants n'aiment pas le vert). Le vert c'est la nature, l'optimisme, la santé, l'hygiène, la fraicheur, l'hôpital, la médecine... mais aussi l'écologie, la défense de l'environnement... Le vert s'installe, loin derrière le bleu (50% de la population), à la seconde place des couleurs occidentales préférées (moyenne de 15-18% dans les sondages). Viennent ensuite à égalité le rouge, le noir, le blanc et le jaune. Le brun, le violet et le rose étant les couleurs les plus détestées. 

 

Quelques anecdoctes : glaz et drapeau français

 

De nombreuses langues ne possèdent qu'un seul mot pour désigner le bleu et le vert. C'est le cas du breton qui ne fait pas de différence entre le vert, le bleu et le gris en utilisant le terme glaz

 

Avec des si... le drapeau français aurait pu être vert ! Le 12 juillet 1789, Camille Desmoulin harangue la foule, cueille une feuille de tilleul, symbole de liberté, comme la couleur verte, et la place sur son chapeau en incitant tout le monde à faire pareil. Les cocardes vertes seront très vite remplacées par d'autres blanches, rouges et/ou bleues car les insurgés se rendent compte que le vert était aussi la couleur du réactionnaire et impopulaire comte d'Artois (futur Charles X).

 

Autres anecdoctes glanées durant les traditionnelles questions-réponses :

- « Un aveugle a la même culture des couleurs qu'un voyant ! »

- Depuis 2007, le griffon briochin a changé de sens, il est tourné vers l'avenir. D'après Michel Pastoureau, « en héraldique, inverser un blason était signe de traîtrise. »

- Et pleins d'autres sont à découvrir dans ses ouvrages passionnants.

 

Et une petite illustration vidéo sur les couleurs, par l'auteur de ce billet de blog :

https://www.youtube.com/watch?v=1TOjhVBk0pg

Repost 0
Published by Régis Dumas - dans Expo - conférence
commenter cet article
21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:52

 

Saint-Brieuc possède bien évidemment un musée, intitulé sobrement "Musée d'art et d'histoire". Pourquoi art et histoire ? Parce que le Pavillon des Expositions Permanentes présente une rétrospective de l'histoire briochine, qu'elle soit maritime, citadine ou rurale, avec une belle note sur l'archéologie sous-marine locale. Le Pavillon des Expositions Temporaires, quant à lui, propose différentes oeuvres picturales, autour de thèmes changeants. Retour sur l'exposition de l'été 2012...  

 

affiche-suite-chromatique.jpg

 

Du 16 juin au 14 octobre 2012, le musée a choisi d'exposer les oeuvres les plus colorées du Frac Bretagne (Fonds Régional d'Art Contemporain) sous le titre de "suite chromatique".

Je m'y suis donc rendue avec un ami puis avec une petite fille de 5 ans, qui a globalement beaucoup apprécié. Et puisque l'expo est terminée, je peux vous en donner mes impressions sans crainte de trop en dévoiler.

 

BLOG-musee.jpg

 

Le lien entre les oeuvres choisies est donc "la couleur". Elle peut être le sujet principal de l'oeuvre, un de ses éléments, le moteur qui a orienté la recherche de l'artiste. 

 

Le thème choisi peut surprendre. Pourtant Eugène Delacroix lui-même reconnaîtl'importance de la couleur: « Alors que le sujet, la forme, la ligne s’adressent d’abord à la pensée, la couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité. » Dans cette exposition, on sent que l'on s'attarde sur le ressenti, l'émotion provoqué par l'utilisation hors contexte de la couleur, ou par le choix de matériaux peu communs et d'échelles déformant la réalité.

 

musee.jpg

 

En rentrant dans la grande salle d'exposition, ma cousine de 5 ans et moi-même avons été interpellées par la carcasse vide bleu ciel d'une voiture de type New Beetle penchée sur le côté.Il s'agissait de l'oeuvre New... d'Etienne Bossut. L'objet étrange permet d'avoir des points de vue inédits et une relation nouvelle à la voiture, déguisée ici en jouet aux dimensions démesurées. Une bonne entrée en matière pour la suite de l'expo !

 

voiture-bleue.jpg

 

J'ai ensuite beaucoup aimé le "M&P 16" de Patrick Tosani, la photo d'une maquette d'immeuble recouverte de coulées de peinture et donc difficile à identifier au premier abord. J'ai apprécié cette introduction d'un objet familier et le rapport difficile engendré par l'utilisation inhabituelle de la peinture, la lecture malaisée des volumes et des surfaces.

 

g_IS11PatrickTosani03.jpg

 

 

Le travail en volume de Krijn de Koning, Multiple, constituée de 13 éléments de bois peints en rouge, a attiré ma jeune cousine de 5 ans. Moi, un peu moins. Mais la sculpture ne se comprend qu'avec son environnement, quand on comprend que tous les éléments doivent être en contact et jouent avec les pleins et les vides ainsi créés.

 

dekoning.jpg

 

 

Dans la deuxième salle du rez-de-chaussée, nous avons tous les trois adoré le Moulin à prières de Pascal Pinaud. Inspiré par les moulins à prières tibétains, celui-ci est réalisé avec de petites bobines de fils colorés sur une structure en acier galvanisé et en aluminium. De loin, j'ai cru que le moulin était peint de diverses couleurs. Et c'est sans doute ce que cherchait l'artiste, pusque son but est de "renouveler la peinture", y compris au moyen de matériaux inattendus.

 

moulin-a-prieres.jpg

 

Près du moulin à prières se trouve le tableau choisi pour l'affiche: 6 ensembles, 6 couleurs, de l'artiste hongroise Vera Molnar, et Sans titre (0809) de Jim Isermann (ci-dessous). Un fascinant travail de rendu du volume pour un tableau plat !

Jim_Isermann.jpg

 

Avant de passer au premier étage, je me suis attardée sur Scanning, le tableau de Cécile Bart. Il s'agit ici de bandes de couleurs peintes sur une toile tendue sur un châssis en aluminium. La finesse de la toile induit une certaine transparence des couleurs, et une vision différente du tableau selon l'angle de vue choisi par le spectateur.  Un tableau interactif, en quelque sorte !

 

G_BART.jpg

 

 

Je suis restée plus perplexe devant le film de Claire-Lise Petitjean installé à l'étage. Il s'agissait de Rosace, une "installation vidéo qui consiste en la projection à travers un ventilateur d'un film monochrome blanc".

Malgré mes deux essais, je n'ai pas vraiment vu l'intérêt de ce projecteur allumé derrière un ventilateur et éclairant un grand écran. D'autant que la plupart du temps, les couleurs ne se voyaient pas et le rendu restait blanc.

Mais je sais que je ne suis pas perméable à toutes les installations contemporaines, loin s'en faut. Je n'ai jamais admiré le talent de Tracey Emin que certains critiques anglais couvrent régulièrement d'éloges.

 

_10_Petitjean.jpg

 

Globalement, j'ai tout de même trouvé l'exposition très intéressante. Certaines oeuvres étaient plus des réflexions d'artistes en pleine recherche sur le sens et l'utilisation de la couleur, d'autres le fruit d'un long travail, mais toutes ouvraient sur une piste nouvelle.

J'ai hâte de voir ce que le musée nous réserve pour sa prochaine exposition!

 

 

Ouvert tous les jours sauf le lundi, le musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc est gratuit ! Aucune excuse pour ne pas y aller, seul, entre amis ou en famille!

Le samedi vous bénéficierez même de visites commentées, voire adaptées aux handicaps auditifs et visuels (se renseigner au près du musée ou de l'office de tourisme).

(mardi-samedi 10h-18, dimanche 14h-18h)

http://www.saint-brieuc.fr/Musee-d-art-et-d-histoire.736.0.html

 

 

Le communiqué de presse de l'exposition:

http://www.fracbretagne.fr/telechargement/FracBretagne_DP_Musee_d_art_et_d_histoire_juin_2012_v2.pdf

 

Quelques oeuvres d'Etienne Bossut dans une galerie d'art:

http://www.ricougallery.com/etienne-bossut/

 

Le site de Patrick Tosani:

http://www.patricktosani.com/

 

Le site de Krijn De Koning:

http://www.krijndekoning.nl/

 

Le site de Pascal Pinaud;

http://www.s333485502.onlinehome.fr/index.php?

 

Le site de Vera Molnar:

http://www.veramolnar.com/

 

Le site de Jim Isermann:

http://jimisermann.com/

 

Le site de Cécile Bart:

http://www.cecilebart.com/site/scripts/actualite.php?id_rubrique=1&id_article=185


Un article sur Claire-Lise Petitjean:

http://www.artbfc.com/samedis/2005/petitjea.htm


Repost 0
Published by jaiteste-saintbrieuc - dans Expo - conférence
commenter cet article
3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 14:55

En ces temps de chômage massif, d'insécurité de l'emploi, de délocalisations, etc. les cas de souffrance au travail, harcèlement moral et affrontements aux Prud'hommes sont de plus en plus fréquents. Un groupe de Saint-Brieuc propose de prendre un peu de recul par le biais de la littérature, en invitant des auteurs ayant abordé le sujet. J'ai donc assisté à une de ces soirées, très instructive à défaut d'être distrayante...


guilloux-louis-affiche.jpg


Saint-Brieuc compte parmi ses habitants un ilustre écrivain: Louis Guilloux. L'auteur du "Sang Noir" (adapté pour la télévision par Peter Kassovitz en 2007), du "Pain des Rêves" (prix du roman populiste en 1942), du "Jeu de patience" (prix Renaudot en 1949) et de nombreux autres ouvrages a été récompensé en 1973 par le Grand Prix de Littérature de l'Académie Française.

 

louis-guilloux-le-sang-noir.jpg

 

Après sa mort en 1980, la municipalité de Saint-Brieuc a racheté sa maison dans le quartier Saint-Michel et a décidé d'en faire un lieu incontournable de la littérature en Côtes-d'Armor, pour honorer la mémoire de l'écrivain prolifique.

 

Aujourd'hui, des auteurs y sont régulièrement accueillis en résidence. Depuis 1994, le concours de nouvelles pour les jeunes de moins de 25 ans "Prix Louis Guilloux pour les jeunes" récompense les jeunes talents locaux. Et des visites libres, gratuites, et guidées pour les groupes sont également possibles sur réservation auprès de la bibliothèque municipale.

guilloux-prix-copie-1.jpg

 

Mais ce qui m'a intéressée, ce sont les nouvelles rencontres littéraires proposées depuis la rentrée de septembre 2011. Tous les mois, un auteur est invité à la maison Louis Guilloux pour discuter de son oeuvre, aidé(e) par une animatrice ayant préparé quelques pistes de réflexion ou quelques questions sur les passages marquants du livre sélectionné. Le thème choisi pour cette première saison était celui du "travail dans la littérature".

 

guilloux-maison-2.jpg

 

Bien que les rencontres soient une nouvelle initiative, des noms connus se sont déjà arrêtés à la Maison Louis Guilloux. Ainsi la caissière Anna Sam est-elle venue discuter de son ouvrage "Les tribulations d'une caissière", en avril 2012.

 

Le 24 mai, l'invitée d'honneur était Rachel Saada, venue présenter son livre "Travailler à armes égales ; souffrances au travail, comment réagir" (éd. Paerson, 2011). cette avocate spécialiste en droit social a concocté, avec l'aide d'une psychologue clinicienne et d'un médecin du travail, un ouvrage explorant "les moyens de réagir aux situations d'isolement et de mal-être au travail".

 

louis-guilloux-travailler-a-armes-egales.jpg

 

La lecture prévue d'extrait choisis du livre s'est en réalité transformée en récits d'anecdotes toutes plus édifiantes les unes que les autres. Mme Saada a choisi de se consacrer au droit social par passion, et défend avec acharnement des employés broyés par le système dans lequel ils sont entrés sans en soupçonner les rouages.

 

Bien que les cas mentionnés (que je ne dévoilerai pas, par respect pour leur souffrance et les familles de ceux qui ont connu une fin tragique) soient extrêmes, ils permettent de reconnaître les signes qui doivent alarmer.

Mme Saada nous a alertés sur le fait que les travailleurs souffrant le plus sont en général ceux qui sont le plus impliqués dans leur travail, qui sont prêts à commettre des sacrifices sur leur vie personnelle pour développer un projet, un poste, une entreprise en laquelle ils croient.

Malheureusement, ces profils sont ceux dont il est le plus facile d'abuser, car ils accepteront les heures supplémentaires non-payées, les horaires décalées, les responsabilités qui dépassent leur poste, les déplacements trop importants, les délais trop courts, les clients trop nombreux, etc.

Et lorsqu'ils se rendront compte de l'impact émotionnel, psychologique et physique de leur emploi, il sera souvent trop tard.

louis-guilloux-rachel-saada.jpg

 

Cette peinture très noire de la réalité a été nuancée par le récit de fins d'histoires plus positives, qu'il s'agisse de procès gagnés aux Prud'hommes ou de changements radicaux de rythme de vie qui permettent d'atteindre enfin le bonheur et la sérénité tant espérés.

Mais le chemin a souvent été plus long et plus rude qu'il n'aurait dû l'être, et fait réfléchir à la course effrénée aux performances et aux profits qui font s'emballer les mécanismes industriels, économiques et financiers dont nous sommes de plus en plus dépendants.

 

L'attention soutenue du public, les hochements de tête réguliers et les accès d'émotion suscités par les anecdotes de l'intervenante me font penser que beaucoup sont venus suite à un problème personnel. Je leur souhaite donc le meilleur pour la suite, et bon courage !

 

Le dernier rendez-vous de l'année était une lecture de textes de Jérôme K Jérôme, Paul Lafargue, Sten Nadolny, etc. sur le thème "Le refus du travail, le droit à la paresse" par "Les Fileurs d'écoute". Une jolie façon de se préparer aux longues vacances d'été !

 

guilloux_portrait-copie-2.jpg

 

Le site Internet de la société des amis de Louis Guilloux:

http://www.louisguilloux.com/biographie-louis-guilloux/activites.php

 

Un carte pour s'y rendre:

https://maps.google.fr/maps?hl=fr&q=maison+louis+guilloux+saint-brieuc&ie=UTF-8

 

Pour des informations supplémentaires sur Louis Guilloux, je vous conseille ce site Internet:

http://www.lagriffe.org/2010/01/2244/

 

Un site sur le roman et le film "Le sang noir":

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-auteur-du-sang-noir-voyait-il-27703

 

Le site de Rachel Saada et de ses collègues sur la souffrance au travail:

http://www.souffrance-et-travail.com/

Repost 0
Published by jaiteste-saintbrieuc - dans Expo - conférence
commenter cet article
7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 18:35

Saint-Brieuc est, bien qu'on tende à l'oublier, une ville universitaire. Antennes de Rennes I, de Rennes II et IUT, les offres de formation sont nombreuses. Et depuis quelques années, le campus de Saint-brieuc, dit "campus Mazier" (quartier de Balzac) s'ouvre au grand public.


Tous les ans, un cycle de conférences est organisé et donné par des maîtres de conférences et professeurs d'université sous la forme de cours magistraux suivis de séances de questions-réponses.


CoursPublicMazier.jpg

Le réservoir d'intervenants de qualité de l'université de Rennes 2 est énorme, et de nombreux sujets pourraient être abordés. Mais élections présidentielles de cette année obligent, le cycle de 2012 avait pour thème "Aimez-vous la politique ?".

 

Thème habilement choisi, puisque les Français(e)s se sont passionné(e)s pour cette longue campagne électorale! J'ai choisi d'assister au dernier des 6 cours publics organisés certains mercredis après-midi à 18h15 dans l'un des amphithéâtres du campus.

 

De début janvier à fin mars, conférenciers et publics ont discuté de la vie et de la mort d'une République, des guerres de religion, de la Seconde République, etc.

Pour la dernière séance, le professeur d'histoire contemporaine à l'IEP de Rennes Gilles Richard nous a proposé une conférence-débat autour de la question "Peut-on encore interpréter la vie politique française en terme d'affrontement droite(s)-gauche(s) ? Notez bien le pluriel des adjectifs!

 

CampusMazier-entree.jpg

 

Effectivement, en ces temps où la politique est dominée par le contexte de crise financière et de crise économique internationale, on est en droit de se poser la question. Après tout, quelle marge de manoeuvre reste-t-il aux hommes politiques ? Que sont devenues les idéologies du passé ? 

 

La question a intéressé un public de tous âges. L'amphi, probablement flambant neuf, n'était pas rempli, mais les auditeurs étaient relativement nombreux et étaient aussi bien étudiants et jeunes actifs que retraités.

 

campus-amphitheatre.jpg

 

L'intérêt pour cette question s'explique probablement, selon Mr Richard, par la perte de confiance du public en la gauche traditionnelle et en la droite traditionnelle. Cela se traduit notamment par une augmentation régulière de l'absention depuis les années 1980.

 

Les partis politiques, comme nous l'a rappelé Gilles Richard, sont des ensembles de gens qui pensent les problèmes de la société et essayent de proposer des mesures ou des solutions lors de campagnes électorales.

Si l'absention est élevée, cela signifie que l'offre ne correspond pas à la demande. Et notamment à la demande des classes les plus populaires, dont le conférencier souligne le profond désintérêt pour la vie politique. Certains vivent en effet dans des conditions tellement difficiles qu'ils ne peuvent se préoccuper d'autre chose que de leur quotidien incertain.

 

Il existe d'autres raisons à cette crise de confiance: l'impression que depuis 1981, tout a été essayé, l'importance de l'économie qui semble s'imposer aux dirigeants devenus impuissants...

En ces temps de scepticisme politique, la confiance semble se déplacer vers les extrêmes et vers le vote blanc. Le résultat du premier tour des élections présidentielles de 2012 abonde d'ailleurs dans ce sens.

 

Gilles Richard lit pourtant un paradoxe dans le rapport des citoyens à la vie politique. Ils sont désabusés, mais pas désengagés, et les grands candidats de l'élection présidentielle de 2012, à savoir François Hollande et Nicolas Sarkozy, étaient très clairement identifiés comme étant de gauche et de droite. Bien que les différences entre candidats sur le thème du capitalisme ne soient plus aussi prononcées qu'auparavant !

 

gauche-droite.jpg

 

Pour nous faire comprendre ce comportement, Gilles Richard nous a fait remonter dans l'histoire de France, jusqu'à la Révolution Française. Les Etats Généraux organisés en 1789 permettent pour la première fois au peuple français d'agir sur le pouvoir, via les cahiers de doléances et l'élection de conseillers.

 

les-Etats-Generaux.jpg

  Les Etats-Généraux: "Mirabeau apostrophant Henri Evrardde Dreux-Brézé" - Joseph Désiré Court

 

Depuis, le pays est resté très politisé, y compris sur des sujets qui ne le sont pas dans des pays voisins. Gilles Richard nous a cité le cas du débat sur l'école qui a très vite pris une tournure politique en France, alors qu'en Allemagne cela n'est pas le cas puisque ce sont les régions -ou Länder- qui gèrent elles-mêmes leurs systèmes éducatifs.

 

La France apparaît donc comme un laboratoire politique, ayant inventé les notions de souveraineté du peuple et de laïcité, mais aussi le suffrage universel masculin, et qui a testé pas moins de 17 régimes politiques différents (monarchie absolue, Commune de Paris, etc.) !

 

La-Liberte-guidant-le-peuple.jpg

                                       "La Liberté guidant le peuple" - Eugène Delacroix

 

1789 a été aussi, selon Mr Richard,  l'année de l'invention du clivage gauche-droite. Le pays entier se trouve divisé en deux blocs autour des notions de monarchie et de république.

A cette époque, la droite et la gauche se divisent déjà en sous-groupes. Si l'on en croit l'analyse de René Raymond, la droite est désormais composée de légitimistes, de bonapartistes et d'orléanistes, tandis que les Républicains deviennent modérés, radicaux ou socialistes.

 

La politisation du pays à cette époque est indéniable: la vie politique française se complexifie très vite, la participation est croissante, et la Révolution Industrielle amène une hausse du niveau d'instruction qui permet à de plus en plus de Français d'appréhender la complexité des théories politiques et de leur mise en oeuvre.

 

Ensuite chaque siècle se trouvera confronté à une question bien précise.

 

La question posée au 19ème siècle était celle du régime.

Le 20ème siècle y a répondu en imposant la République. Restait à résoudre le problème du contenu social de la République.

 

Des éléments de réponses ont été apportés en 1905 avec l'abolition du Concordat par Napoléon et l'introduction de la notion de laïcité, en 1906 avec la première grève générale à l'appel de la CFDT, en 1936 avec le Front Populaire et les congés payés... Pour certains, il s'agissait de mettre en place des dispositifs pour que le peuple récupère un peu l'argent de l'Etat.

Cette République a été définie comme un régime prenant en charge "l'égalité" promise aux Français, et l'associant à la "liberté" pour qu'ils produisent la "fraternité" énoncée dans la devise du pays.

 

liberte-egalite-fraternite.jpg

 

Depuis la deuxième moitié du vingtième siècle, le débat se pose en terme de gauches et de droites, les deux termes ayant acquis leur pluriel.

Après 1968, on commence en effet à parler de "l'union de la gauche", expression paradoxale puisque s'il faut l'unir, c'est qu'elle n'est pas singulière.A droite, depuis 40 ans, différentes mouvances coexistent. Toutefois la famille libérale s'impose sur les démocrates chrétiens et les gaullistes.

Gilles Richard a également évoqué pour nous l'agrarisme, l'écologie politique, etc. Mais il nous a aussi rappelé qu'une seule et même culture politique pouvait être portée par différents partis: ainsi la mouvance communiste est-elle défendue par le PCF, Lutte Ouvrière, le NPA...

 

Les affrontements sociaux se sont encore complexifiés avec la multiplicité des familles politiques. Dans ce cas, comment faire une lecture bipolaire de la vie politique française ?

 

En outre, depuis Valéry Giscard d'Estaing, et dans le contexte de ce que Gilles Richard appelle la "Troisièle Révolution Industrielle" (depuis 1974) se pose une nouvelle grande question: la question Européenne. La France doit-elle s'intégrer de façon définitive et totale dans l'Europe ?

A l'inverse de la question du régime et de la question de la République sociale, celle-ci n'a été ni posée ni imposée par les gauches. 

drapeau-europeen.jpg

 

Elle est toutefois l'enjeu de la vie politique depuis une génération: est-ce que les gauches françaises pourront intégrer la France dans l'Europe tout en imposant une Europe laïque et de l'égalité sociale ?

La fondation d'ATTAC en 1998 était notamment une réponse de la gauche à la question. Il s'agissait d'essayer de franciser la vie politique européenne car l'intégration dans l'Europe était déjà commencée.

 

Enjeu de taille, la construction européenne explique aussi la distance prise par les Français avec les partis politiques existants, et surtout avec les partis traditionnellement forts.

Le système européen imposé par Jean Monnet n'est, selon Gilles Richard, pas démocratique, puisqu'il n'existe pas de gouvernement européen et pas de Constitution Européenne. Les citoyens ne se reconnaissent donc pas dans les décisions prises, car ils n'ont pas leur mot à dire. Et plus l'Europe prend d'importance dans la vie française, plus les citoyens se sentent impuissants.

 

Ce sentiment d'impuissance vient également du changement de société que nous vivons actuellement. Pour la première fois, des millions de gens sont au chômage, depuis parfois deux générations. Cela a notamment engendré une diminution de la force de la culture ouvrière, et donc une baisse du taux de syndication (à corréler avec une baisse du nombre de jours de grève depuis 1978).

 

syndicats.jpg

 

Le contexte actuel a également provoqué ce que certains appellent "le grand renoncement socialiste": l'abandon du programme de Mitterrand pour rentrer dans l'ère de la rigueur. Les plus fervents partisans du Mitterandisme ont donc été déçus et certains ne se reconnaissent plus dans les idées socialistes actuelles. Ils ont eu le sentiment que certaines questions étaient réglées en fonction d'impératifs autres que ceux des idéologies ayant fondé leur mouvement politique.

 

L'un des symptômes de la diminution de l'importance du clivage gauches/droites est également la diminution de la puissance du centre. Par définition, le centre n'existe que si la gauche et la droite existent. Quand les prises de position idéologiques de l'un et de l'autre se rapprochent, il est difficile pour le centre de proposer une alternative.

Pourtant certains tentent toujours de trouver des compromis politques. Leur idéologie, le centrisme, continue d'exister. Le centre, pas toujours. La question du parti pouvant l'incarner est souvent délicate. La démocratie chrétienne représentée par François Bayrou s'y essaye car elle ne défend ni le capitalisme, ni le collectivisme. Mais au niveau local il est parfois difficile d'appliquer la théorie et les élus centristes affichent souvent leurs préférences pour le centre-droit ou pour le centre-gauche.

 

 

Difficile d'être exhaustif sur un tel sujet! Gilles Richard a cependant nourri notre réflexion de ces analyses et de ces rappels historiques très intéressants. Certains d'entre nous sont repartis avec plus de questions que de réponses, mais c'est le jeu des cours universitaires.

 

Le directeur du campus Mazier nous a annoncé que le cycle de l'an prochain offrirait des pistes de lecture sur le "printemps arabe". De belles discussions en perspective, on a déjà hâte d'y être !

printemps-arabe.jpg          Les pays arabes touchés par le printemps arabe. (© Milan Presse/Jennifer Le Bot)

 

Y a-t-il d'autres thèmes que vous souhaiteriez voir abordés sur ce campus ? Que pensez-vous de cette idée de cours public ?

 

 

 

Des séances de rattrapage pour les cours publics de 2010, 2011 et 2012 sont disponibles ici:

http://www.univ-rennes2.fr/campus-mazier/cours-publics

 

Et pour vous donner un aperçu de l'ambiance habituelle de l'université, vous pouvez lire cet article du Télégramme sur la rentrée de la filière Droit en septembre 2011:

http://www.letelegramme.com/local/cotes-d-armor/saint-brieuc/ville/campus-mazier-la-rentree-pour-200-etudiants-en-droit-02-09-2011-1416457.php?utm_source=rss_telegramme&utm_medium=rss&utm_campaign=rss&xtor=RSS-21

 

Enfin, pour les illustrations sur la Révolution Française, c'est là:

"La Révolution Française par l'image 1789-1799"

http://1789-1799.blogspot.fr/2011/03/tenue-des-etats-generaux-1789.html

 

Repost 0
Published by jaiteste-saintbrieuc - dans Expo - conférence
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 18:52

 

Et bien, que de créations à Saint-Brieuc cette année ! Je vous ai déjà présenté une biennale récemment, il s’agissait d’art contemporain. Cette fois un groupe de passionnés a mis  sur pied la nouvelle Biennale de la Photographie de Saint-Brieuc, aussi appelée « Clin d’œil ».

 

visuelbiennalephoto2-ueqojt

Visites guidées hebdomadaires, accueil des groupes, atelier quotidien de retouche-photo, présentation de beaux livres sur la photographie et de quelques archives: rien n'a été laissé au hasard et les amateurs de photographie, pratiquants comme simples visiteurs, ont vu toutes leurs envies comblées !

 

Biennale vieux livres  Biennale photo de loin


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette année, trois photographes étaient particulièrement mis en vedette : Daniel Challe et sa "Chronique de l'île", Roland Laboye avec l'exposition "Personnages", le Lamballais René Maltête et la rétrospective "l'humour en tête". 

 

Biennale-photo-panneaux.jpg

Biennale-photo-de-loin2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Quoique de styles très différents, j'ai trouvé leurs œuvres reliées par un fil conducteur: la poésie.


Biennale bulles

 

 

 

 

 

 

Daniel Challe s'est plutôt attaché à la poésie de l'enfance : chasse aux bulles de savons, lumières très particulières obtenus sur les appareils-photos argentiques et au moyen d'appareils-jouet.




 

 

 

 

 

 

 

Maltête et Laboye, quant à eux, se sont davantage concentrés sur la drôlerie du quotidien, ces petites scènes insignifiantes qui prêtent à sourire et devant lesquelles je me maudis souvent -comme vous, peut-être- de ne justement pas avoir pris d'appareil-photo ! Et je n’ai jamais pensé, comme Maltête, à reproduire ces scènes pour en tirer de drôles de clichés.  

 

Biennale-photo-Rene-Maltete-coiffure.jpg

      

 

A leurs côtés se trouvaient exposés des artistes plus locaux, dont les membres des clubs 'Objectif Image Saint-Brieuc', 'Art'Images' de Plérin, et le 'Club-photo' de Ploufragan.

 

Biennale-Objectif-Image.jpg

 

Quelques pans de photos ont également été réalisés par la MJC du Plateau, à propos des aspects cachés du port du Légué et d’un récent spectacle de danse.

 

portraits-Rajhastan.jpg

 

J'ai eu la chance de visiter l'exposition lors du dernier dimanche, et de profiter ainsi de la présence de certains artistes avec qui j'ai pu discuter de leurs clichés, comme ces portraits d'hommes âgés du Rajasthan, pris par un photographe nommé Yannick Gautier.


 

Biennale photo conf

 

 

Pendant l'après-midi, Roland Laboye donnait également la dernière conférence de la biennale, pour discuter de la photo humaniste. A travers une rétrospective de ses clichés et de ceux qui ont pu le toucher ou l'interpeller au cours de sa carrière, il a défendu sa vision de la photographie. Bien que généralement  vue comme passéiste, elle est en réalité, selon lui, un formidable outil de prise de position, voire de dénonciation.

 

 

 

Biennale-photo-conf2.jpg

 

Cet échange était la parfaite conclusion du weekend et de la biennale. Car Roland Laboye nous a aussi rappelé non seulement la chance que nous avions de vivre dans une région si favorable aux initiatives photographiques, mais aussi l’importance d’immortaliser ces petits riens qui deviennent si précieux lorsqu’ils ont disparu et que la mémoire peine à les retrouver.


Pour citer l’artiste, "la photographie permet de fixer le passé pour le projeter dans le futur."

 

 

Aux applaudissements fournis, j’ai compris que je n’étais pas la seule que les doigts démangeait et qui avait envie de partir à la chasse de nouvelles sources d’inspiration photographiques.

 

 

... Vous êtes encore devant votre écran d'ordinateur ? Ah mais non, maintenant on se bouge! Que chacun prenne son appareil-photo et aille se forger des souvenirs, qu'il ou elle transmettra avec bonheur aux générations futures !

 

Salle Robien biennale

Repost 0
Published by jaiteste-saintbrieuc - dans Expo - conférence
commenter cet article
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 02:20

Puisque ce blog vient d’ouvrir à Noël, que quelques évènements intéressants se sont déroulés juste avant, et que j’ai aussi envie d’en parler… C’est parti pour deux articles à effet rétroactif avec petit voyage dans le temps… 

Il y a quelques semaines, donc, j’avais testé… la Biennale d’art vivant contemporain des Côtes d’Armor.

Comme son nom l’indique, une biennale revient tous les deux ans, je vous donne donc largement le temps de vous préparer pour l’édition 2013 ;)

 

Celle de 2011 avait pour thème « Le regard des autres » et a eu lieu du 15 octobre au 27 novembre. Le samedi 15 octobre, pas moins de 5 vernissages d’expositions ont eu lieu, dans des endroits aussi divers que l’espace Victor Hugo à Ploufragan, le Cap à Plérin-sur-Mer, la Briqueterie à Langueux, l’espace La Mennais et le musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc, au pavillon des expositions temporaires.

 

Biennale-2011-affiche.jpg

Je n’ai pas eu le temps de visiter toutes les expositions, mais je me suis rendue à celles de Saint-Brieuc, toutes les deux gratuites et ouvertes dans la semaine et le weekend. J’avoue que j’étais assez curieuse de voir ce qu’une biennale costarmoricaine avait à offrir au regard des spectateurs.

Et je ne m’attendais pas à trouver une soixantaine d’exposants ! Certains artistes sont bretons, d’autres pas. L’un d’eux est même né à Téhéran ! Quant aux locaux, certains sont membres du collectif des artistes-plasticiens des Côtes d’Armor. La plupart d’entre eux sont peintres, mais certains s’adonnent à la photographie, à la sculpture, au dessin, à la vidéo, à la peinture numérique, ou préparent des « installations » très en vogue chez les artistes modernes et contemporains.

 

Première étape, donc : le rez-de-chaussée du Pavillon des Expositions Temporaires du Musée. Beaucoup d’installations et d’œuvres en relief étaient mises en place dans cette grande salle. Certaines provoquaient d'ailleurs des illusions d’optique dont je ne me suis rendue compte qu'en prenant quelques photos !

Un petit exemple ? Les hamacs en trompe-l’œil de la photo ci-dessous !

 

Biennale hamacs

 

J’ai beaucoup aimé certaines des œuvres comme l’ordinateur en pierre
Biennale ordi en pierres

 

ou la sculpture suivante : une reproduction de la ligne indiquant l’évolution du moral des ménages, d’Olivier Petiteau. J’ai adoré l’idée de sortir les statistiques de leur contexte !

Biennale le moral des ménages

 

D’autres œuvres présentées mélangeaient les genres, tels les tableaux dégoûlinants de Romaric Chachay.

 

Biennale-Romaric-Chachay-copie-1.jpg

 

Et si je peux me permettre un petit coup de cœur, ce sera le tableau représentant la photographie du mariage des parents d’un artiste, Jean-Paul Dupas, et placé en face du « portrait de [sa] mère découvrant le tableau ». Une petite salle était réservée à ces deux œuvres complémentaires, et le concept les rendait particulièrement touchantes. 

 

Biennale mariage parents

Biennale portrait mère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Au premier étage, l’ambiance plus feutrée rendait les spectateurs silencieux, ou peut-être tout simplement contemplatifs.

Biennale étage musée

 

J’étais un peu sceptique devant les collages ressemblant à des insectes ou des photographies d’un genre très sombre, voire franchement dérangeant. Il y en a devant lesquels je ne me suis pas attardée !

 

Biennale tableau étagejpg

 

Mais j’ai eu aussi de bonnes surprises, comme le tableau d’Anne Saligan intitulé « pripyat de nos jours » et me rappelant des images de mangas de Myazaki.

 

 

 

 

 

 

Après avoir fini le musée, direction « l’espace La Mennais », renommé par la mairie de Saint-Brieuc lorsqu’elle a décidé d’utiliser l'endroit comme lieu d’exposition.

Il s’agit en réalité de la chapelle se trouvant dans l’enceinte de l’école maternelle et primaire La Providence, en face du musée. Mais l’entrée se fait par la rue, il est donc facile d’utiliser la chapelle de façon indépendante. Elle a gardé le charme des lieux solennels qui confèrent aux œuvres une aura particulière.

 

Biennale chapelle LaMennais

 

Les arcs gothiques s’effacent pourtant devant les divers tableaux et installations des plasticiens des Côtes-d’Armor, qui s’ingénient parfois à recréer une ambiance, telle ce troublant salon, dont les meubles étaient à vendre !

 

Biennale-eglise-entree.jpg

 

Ici encore, de nombreux tableaux, des installations, des sculptures, des collages, bref du talent à revendre. Bon, pour les collages, j’avoue que je reste un peu sur ma faim. Mais ça ne reflète que mon opinion personnelle ! J’ai eu plus d’émotions face à la série des « émergents » de Hervé Duval (la photo ne leur rend pas justice).

Biennale-les-emergents-2.jpg

 

Au final, qu’ai-je retenu en sortant de ces expositions ? Que l’art n’a pas de limites et qu’il ne faut pas s’en poser…

 

Et je sais maintenant que nous sommes capables de ne pas le faire depuis, notamment, l’invention de la photographie. En effet, avant de clore la biennale, les organisateurs ont eu la bonne idée de proposer une conférence gratuite dans la salle du conseil de la mairie de Saint-Brieuc, avec pour thème « Le dialogue photographie/peinture dans les pratiques artistiques au 19ème et au 20ème siècles ».

Yves Baudry, professeur à Paris, s’est entiché de certaines œuvres proposées par les artistes de la biennale et s’en est servi pour proposer quelques exemples afin de nous faire comprendre les liens très forts entre les deux pratiques artistiques, et le bouleversement induit par la production de clichés reproduisant ce que voyait l’œil humain. La peinture pouvait désormais s’affranchir de la recherche de la ressemblance avec le réel et explorer de nouvelles façons de s’exprimer, auxquelles les impressionnistes donneront le jour dès la fin du 19ème siècle. Conférence un peu ardue, certes, mais donnée par un passionné, et une bouffée d’enthousiasme, ça fait du bien !

 

 

Pour de plus amples informations sur la biennale, vous pouvez aussi vous rendre sur leur site internet, à l’adresse suivante : http://www.leregarddesautres.org/

 

Pour ce qui est des expositions, rendez-vous est pris en 2013. Artistes, à vos pinceaux !

 

Repost 0
Published by jaiteste-saintbrieuc - dans Expo - conférence
commenter cet article

Présentation

  • : J'ai testé... SAINT-BRIEUC
  • J'ai testé... SAINT-BRIEUC
  • : Je teste tout... à Saint-Brieuc ! En priorité les activités gratuites et accessibles à tous et à toutes... Tout comme ma comparse le fait à Quimper, sur le blog "J'ai testé Quimper" http://www.jaiteste-quimper.over-blog.com. Attention, le contenu des articles de ce blog est la propriété exclusive de l'auteur. Toute reproduction est interdite mais une autorisation peut être demandée par e-mail.
  • Contact

Recherche