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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 13:46

A Saint-Brieuc, on a tellement de tout, qu'on a même une machine à remonter dans le temps! En 1962 exactement... Quelques explications ?

 

Du 17 au 25 février, une partie de la ville est en effervescence. La tornade "Babel Danse" est arrivée, et avec ce festival dédié à la danse, son lot d'animations diverses, d'ateliers pour danseurs débutants ou confirmés, de conférences, d'expositions, et de.... séances ciné!

 

babel_danse_2012.jpg

 

Le thème de 2012 étant les USA, l'association des "Fondus Déchaînés" -des férus de cinéma dont je reparlerai sans doute- a proposé un classique de la comédie américaine dansée: "West Side Story"!

WSS-affiche-2.jpg

19h45, la foule commence à s'amasser à l'entrée du Club 6. Tous ne viennent évidemment pas pour cette séance, mais j'espère que ce classique de 1962 va motiver de nombreux Briochins. Ca semble être le cas, car le nombre de places disponibles affiché sur l'écran diminue bien vite !

 

Quelques minutes plus tard, dans la salle, l'excitation est palpable. Je suis une des rares à ne j'amais avoir vu le film, apparemment, et les autres spectateurs ont vraiment hâte de se replonger dans l'univers de ce vieux film... Je connais déjà certains des refrains les plus connus et j'ai moi aussi très envie de les voir enfin sur grand écran, dans le cadre d'une histoire suivie ! Après tout, 10 oscars ne sauraient mentir !

 wss-tony-and-maria-poster.jpg

20h14, la salle s'est progressivement remplie, au point que plus une place n'est disponible! Les cinéphiles ont bien répondu présents... La danseuse et chorégraphe Leela Petronio, invitée d'honneur du festival Babel Danse, nous a rejoints dans la salle pour ce petit péché mignon cinématographique. Après son introduction, les discussions entre amis des "Fondus Déchaînés" s'arrêtent, les lumières s'éteignent, et le film va enfin démarrer. 

 

L'excitation laisse vite place à la frustration. Le générique me paraît long. Très long. Des extraits des musiques les plus connues passent sur une image fixe aux couleurs changeantes, et la taquinerie devient dure à supporter... Je veux pouvoir écouter ces chansons jusqu'au bout !

 

Et soudain, mes prières sont exaucées: les premiers décors arrivent, nous sommes plongés dans le New York des années 60, et les premiers jeunes membres de gangs apparaissent. 

Enfin, quand je dis "membres de gang", je devrais préciser qu'ils sont très gracieux, aiment faire des entrechats au milieu de la rue, et menacent leurs ennemis en claquant des doigts en rythme. Dis comme ça, c'est déjà moins effrayant.

 

WSS dancing Sharks

 

 

  WSS The Jets clicking

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'ailleurs, il m' a fallu un peu de temps avant de me mettre dans l'ambiance... En fin de compte, j'ai trouvé les premières minutes très comiques, et j'ai eu un peu de mal à oublier le mauvais maquillage, les décors en carton et les Portoricains qui n'avaient rien de latino (le générique de fin confirmera mes doutes).

 

Et puis, subrepticement, on se prend au jeu. La tension monte, on fait plus attention aux dialogues, les personnages prennent de l'épaisseur et on a envie d'en apprendre davantage sur leur vie de jeunes désoeuvrés et désargentés ou d'enfants d'immigrés portoricains.

wss-jets-in-the-street.jpg

 

Un surprenant dialogue entre pro- et anti- Etats-Unis s'engage d'ailleurs dans la chanson "I want to live in America", interprétée notamment par l'excellente Rita Moreno (au centre sur cette photo).

WSS Rita Moreno

 

Cette scène me semble très emblématique du film, car sous les couches superficielles enjouées, colorées, ryhtmées de ce numéro musical se trouve une réflexion, plus acerbe qu'on ne s'y attend, sur la condition des immigrants dans ce pays d'opportunités, sur les différences de traitement selon l'accent et la couleur de peau, sur les difficultés d'intégration. La fin de la chanson est presque douloureuse car on se rend compte qu'elle est universelle et toujours applicable dans de nombreuses sociétés, bien qu'elle ait été écrite il y a 50 ans déjà.

 

Heureusement, toutes les scènes n'ont pas le même effet, et le mélange savamment dosé fait passer le spectateur par toute une palette d'émotions au cours des deux heures de projection.

 

Après tout, il s'agit d'une adaptation de "Roméo et Juliette" de WIlliam Shakespeare ! Et quelle créativité dans l'adaptation ! Je ne vous dévoilerai pas ici les astuces de scénario, mais tout est très bien pensé. L'histoire d'amour centrale est innocente, touchante, et dramatique, comme il se doit.

 

wss-maria-and-tony.jpg

 

wss-tony-and-maria-boutique.jpg

 

             Tony et Maria, la scène du balcon.           Maria travaille dans une boutique de robes de mariées.


Au bout d'un moment, je réussis même à oublier les traits bien blancs de la 'portoricaine' Natalie Wood et son faux accent vraiment trop appuyé. Après tout, je ne ferais sûrement pas mieux, et sa voix est agréable sur les chansons allant avec le rôle de Maria.

 

Le film joue beaucoup sur les couleurs et les codes esthétiques pour passer d'une ambiance à une autre, et cela fonctionne.

wws-fight.jpg

                La deuxième moitié du film: les choses prennent une tournure beaucoup plus dramatique qu'au début.

 

L'angoisse monte doucement, on sent que des choses terribles se préparent, et quelques spectateurs (spectatrices ?) ont même poussé des cris de surprise ou d'horreur lors des scènes les plus tragiques. J'ai moi-même sursauté plus d'une fois, au grand dam de mes voisines, certainement.

 

Alors que j'y suis rentrée timidement et presque à contre-coeur, j'ai eu beaucoup de mal à sortir de la bulle de "West Side Story" et à quitter les rues newyorkaises pour retrouver les pavés briochins* (*NDLR: de Saint-Brieuc).

 

Depuis que je suis sortie de la séance, je me surprends à fredonner les airs les plus connus, qui ont définitivement été écrits pour rester en tête... Mais malgré cet effet secondaire, je vous encourage fortement à regarder ce classique qui, pour une fois, mérite largement sa réputation ! Merci à Babel Danse et aux Fondus Déchaînés pour m'avoir permis de vivre ces émotions en grand format !

 

 

L'association "Les Fondus Déchaînés" à Saint-Brieuc (aussi présents sur Facebook):

http://www.lesfondus.org/

 

Le site du festival "Babel Danse" à la MJC du Plateau, avec quelques courtes vidéos:

http://www.mjcduplateau.fr/v2/?p=1753

 

"Babel Danse" mentionné sur le site du Guide du Routard:

http://www.routard.com/guide_agenda_detail/10411/babel_danse_a_saint_brieuc.htm

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Published by jaiteste-saintbrieuc - dans Cinéma
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