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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 12:57

Depuis le début de l'année je vois des affiches annonçant un ensemble d'expositions dans une douzaine de musée bretons, sur le thème du Japon. Ou plus précisément "Bretagne-Japon". En plus des musées, les bibliothèques se sont jointes au mouvement et proposent différents ateliers, souvent en places limitées. J'ai eu la chance de pouvoir m'inscrire à l'un d'entre eux, offrant d'initier quelques bretons à l'art subtil de la calligraphie zen japonaise!

 

Bretagne-Japon-2012.jpg

 

Un vendredi soir, à la bibliothèque de Saint-Brieuc, nous nous retrouvons à douze autour d'une grande table carrée, devant des feuilles de papier japonais, des pinceaux et des petits pots d'encre noire. Nous hésitons entre excitation et stress, et nous tenons bien sagemment assis devant la table en attendant que l'experte en calligraphie ayant accepté de se joindre à nous commence à nous donner des instructions... 

 

Keiko Yokoyama, artiste et calligraphe "zen", commence par nous expliquer en quoi va consister cet "atelier Shodô". Le but est de nous apprendre à utliser les outils traditionnels de la calligraphie japonaise, à savoir pinceau épais, encre de seiche et papier de riz, pour reproduire et interpréter quelques-uns des milliers de "kanji" (symboles chinois) utilisés par les Japonais dans leur vie quotidienne.

Le but n'est pas de faire de nous des experts techniques mais de nous faire goûter à une pratique zen, de nous apprendre à apprécier l'instant présent en nous immergeant dans l'art de la calligraphie.

Chaque kanji est une représentation subjective du monde, une interprétation poétique de la nature, de l'Homme, des relations humaines. Et chaque calligraphe amateur apporte sa touche personnelle aux kanjis qu'il choisit de peindre. Il n'existe donc pas de kanji 'parfait' et nous n'allons pas tenter de nous en approcher.

 

Après ces quelques explications théoriques, place à l'apprentissage manuel !


calligraphie-tenue-pinceau.jpg

 

 

 

Comprendre comment manier le pinceau de calligraphie n'est pas une mince affaire...

 

Nous devons allons contre les codes de l'écriture à l'Occidentale et désapprendre à tenir notre crayon très près de la feuille, pour nous saisir de nos pinceaux et les maintenir à la verticale.

 

 

calligraphie-pinceau.jpg

Le geste est un peu dérangeant au début, car il mobilise nos muscles du bras et du poignet d'une façon peu commune.

Mais on s'y habitue au bout de quelques minutes !

 

Pour nous habituer au maniement du pinceau, nous commençons tout simplement par reproduire des traits horizontaux et verticaux. Pourtant la tâche est plus complexe qu'il n'y paraît, et nous échouons tous dans nos premiers essais!

 

Pas si simple de rester zen quand on doit se concentrer autant...

 

Ce qui nous pose le plus problème ? Comprendre que le corps tout entier doit s'engager dans la création de la calligraphie, et après avoir essayé les différents styles de traits, je comprends enfin que faire porter le poids sur une partie ou l'autre du corps permet de faire varier l'épaisseur et l"intensité de la trace d'encre noire.

 

calligraphie-encre.jpg

 

Après ces amuse-bouche, nous passons aux choses sérieuses: Keiko nous enseigne à peindre de vrais idéogrammes chinois ! Nous essayons de retenir l'ordre dans lequel doivent s'effectuer les traits, la force à appliquer à chacun, la façon de terminer élégamment le kanji (idéogramme) en levant le pinceau sans projeter d'encre sur le papier, la table ou ses voisins. Je me suis contentée de m'en mettre plein les doigts !

 

calligraphie-pages.jpg

 

Nous nous enthousiasmons pour la montagne, l'eau, le soleil, le bois, l'origine... Jusqu'à en arriver à des motifs plus complexes associant deux kanji. AInsi la calligraphie suivante représente le soleil puis l'origine. Et "l'origine du soleil" est tout simplement le Japon, ou "Pays du soleil levant" !

 

calligraphie-Japon.jpg

 

Pour clôre l'atelier, Keiko nous propose de créer notre propre oeuvre de calligraphie, après nous avoir montré certaines de ses réalisations. 

Nous devons choisir le kanji ou la série d'idéogrammes nous inpirant le plus. Pour ma part, ce sera "l'eau", un kanji à peindre tout en réalisant un très gracieux cercle avec la main droite, en tenant le pinceau et en appliquant divers degrés de force sur le papier. La technique m'enchante et Keiko a la gentillesse de poser sa main sur la mienne pour m'indiquer les mouvements de poignet à enchaîner.

      calli-rice-paper.jpg 

Après quelques modèles d'entraînement sur papier de brouillon, je me sens enfin prête pour la terrible épreuve du papier de riz. Keiko nous a en effet donné à chacun une feuille plus fine, plus précieuse, plus belle aussi, et sur laquelle sont traditionnellement réalisées les oeuvres de calligraphies chinoise ou japonaise. 

 

Nous nous sentons tous un peu nerveux à l'idée de réaliser l'oeuvre finale, car nous ne n'avons que deux heures d'entraînement dans les bras, et l'essai doit être concluant car le papier est précieux. Mais l'encre glisse plus facilement et perturbe nos réflexes péniblement acquis.

Heureusement, Keiko avait prévu une feuille de riz d'entraînement par stagiaire, afin que nous puissions expérimenter ce mariage si particulier de l'encre noire et du papier si délicat qu'il en est presque translucide. 

 

Nous essayons de retenir l'ensemble des conseils prodigués pendant l'atelier, et de trouver l'équilibre noir/blanc qui rendra la calligraphie intéressante.

Après quelques tergiversations, nous nous lançons enfin ! Depuis quelques minutes je peins (j'écris ?) debout, car cela me permet de mieux répartir le poids de mon corps et de mieux maîtriser l'effet du pinceau. Et je sens véritablement l'effet zen, la faculté à se retirer du monde pour s'immerger totalement dans le moment présent.

 

calligraphie.jpg

 

Et j'aboutis finalement à cette "oeuvre" (la qualité de la photo est très mauvaise), synthèse de deux heures d'initiation à l'art très délicat de la calligraphie au pinceau. Elle n'est pas parfaite, mais la recherche de la perfection n'est pas le but de cette pratique à vivre dans l'instant et pour laquelle il est primordiale de pouvoir à la fois acquérir des talents mécaniques de reproduction d'effets très codifiés et laisser transpirer sa propre sensibilité. 

 

La touche finale est apportée par Keiko: elle consiste en un tampon rouge appliqué dans un angle de la calligraphie. Le rouge doit équilibrer le blanc et le noir et apporter un petit message supplémentaire tel que "respect", ou le nom de l'auteur !

 calligraphie-tampons.jpg

 

Au final l'expérience nous aura paru trop courte, et dès que l'occasion se représentera, je m'y réessayerai! 

Amis bretons, je vous invite à vérifier quelles activités japonaises vos musées et bibliothèques locales vous proposent d'ici à fin décembre!

 

Il reste notamment une conférence au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc, le 10 mai à 18h30, et intitulée "Japon, japonisme".

 

Le site de Bretagne-Japon 2012:

http://www.bretagne-japon2012.fr/autour-des-expositions/articles/actions-educatives-culturelles-musees/

 

Carte des lieux d'exposition sur le thème Bretagne-Japon 2012.

carte-Bretagne-Japon.jpg

 

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Published by jaiteste-saintbrieuc - dans Atelier
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